
Renato Guttuso
Renato Guttuso a peint la guerre, les paysans en lutte, les funérailles de Togliatti, le marché de la Vucciria à Palerme. Ce mur, lui, ne montre rien de tout cela. On y voit une bougie, une nature morte, une côte, des maisons et des toits de Palerme : l’autre versant d’un peintre célèbre pour ses grandes compositions, celui des objets humbles et de la Sicile quotidienne.
Il est né en 1911 à Bagheria, à quinze kilomètres de Palerme. Son père, arpenteur, peignait l’aquarelle en amateur ; l’enfant fréquente l’atelier d’un peintre et la boutique d’un décorateur de charrettes siciliennes, et date et signe ses propres œuvres avant treize ans. La maison familiale est voisine des villas baroques Valguarnera et Palagonia, dont il reproduira des détails dans ses toiles, et qu’il voit se dégrader sous l’urbanisation sauvage. Après Palerme, il vit à Milan, puis à Rome, via Margutta, où son tempérament lui vaut le surnom de « Sfrenato Guttuso », l’Effréné. Sa Crucifixion de 1941, le rend célèbre sur fond de controverses avec l’Église comme avec le Parti fasciste. Communiste dès 1940, il participe à la Résistance à partir de 1943.
Pendant la guerre, il multiplie les natures mortes d’humbles objets quotidiens. Nature morte à la bougie (1947), la plus ancienne toile du mur, prolonge cette veine au lendemain du conflit, l’année où il fait le portrait de Mimise, sa future épouse. Le site l’a accompagnée de Loin des salons de Francis Jammes, ce qui lui va bien. Une autre Nature morte, de 1966, montre que le genre ne l’a jamais quitté.
Santa Panagia (1956) appartient aux années où il peint les paysages siciliens, leurs cactus et leurs figuiers de Barbarie, en alternance avec les scènes de lutte. Les deux toiles de 1976, Maisons de Palerme et Petite terrasse et toits à la Kalsa, sont à regarder ensemble : elles datent de la décennie de ses tableaux autobiographiques, et l’année même où il est élu sénateur, Guttuso peint la ville de sa jeunesse. Ronsard y trouve une place inattendue : Mignonne, allons voir si la rose accompagne les Maisons de Palerme.
Manquent ici La Crucifixion, La Vucciria et les grandes toiles politiques ; il meurt à Rome en 1987, après avoir légué de nombreuses œuvres à Bagheria.




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Guillain Méjane



















