Sélectionner une page

Le Marais – Maurice Rollinat

Port de Honfleur, Félix Vallotton (1901)

Tableau : Port de Honfleur, Félix Vallotton, 1901

Quand le printemps s’est installé,
Des vieux étangs, des grandes mares,
Monte, vaseux, rauque et voilé,
Comme un concert dissimulé
De voix foisonnantes ou rares.

Ces voix, tout le jour, sont avares
De leur son mal articulé :
Murmure creux, gémi, raclé,
Où tranche un bruit soudain de crécelles barbares.

Mais, dès la nuit, quel tintamarre !
Seul, dans un chemin isolé,
Au long d’un buisson qui s’effare,
On serait presque un peu troublé
Par le cri toujours plus enflé
De ces ventriloques bizarres
Des vieux étangs, des grandes mares.

Texte : Wikisource · domaine public · lien affilié

Archives par mois