
Le huitième sphinx. – Victor Hugo

Aménophis, Éphrée et Cherbron sont funèbres;
Rhamsès est devenu tout noir dans les ténèbres;
Les satrapes s’en vont dans l’ombre, ils s’en vont tous.
L’ombre n’a pas besoin de clefs ni de verrous,
L’ombre est forte. La mort est la grande geôlière;
Elle manie un dieu d’une main familière,
Et l’enferme; les rois sont ses noirs prisonniers;
Elle tient les premiers, elle tient les derniers;
Dans une gaîne étroite elle a roidi leurs membres;
Elle les a couchés dans de lugubres chambres
Entre des murs bâtis de cailloux et de chaux;
Et, pour qu’ils restent seuls dans ces blêmes cachots,
Méditant sur leur sceptre et sur leur aventure,
Elle a pris de la terre et bouché l’ouverture.























