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La mémoire – Albert Lozeau

Voyage dans le bois de minuit, John Caple (1981)

Tableau : Voyage dans le bois de minuit, John Caple, 1981

La mémoire de l’homme est un salon fermé
Où, dans leurs cadres d’or, survivent des figures :
Le temps n’a point pâli les ressemblances pures,
Sous la paupière brille un regard animé.

Des portraits suspendus, quel est le plus aimé ?
Ah ! ton cœur sent monter, depuis longtemps obscures,
Les larmes qu’il versa sur de vieilles blessures !
Ton mal ancien n’est donc pas encore embaumé ?

Dresse sur ton passé l’oubli, comme une porte !
Que de la chambre claire où palpite un lambeau
De ta vie, à jamais rien d’autrefois ne sorte !

Et fais de ta mémoire habitée un tombeau
Où dorme ton amour, comme une blanche morte,
Sans une rose, sans un pleur, sans un flambeau…

Texte : Wikisource · domaine public · lien affilié

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