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La Duchessina – Albert Giraud

La Duchessina – Albert Giraud

Au léger tintement des cloches argentines,
Le jardin du couvent ouvre ses rieurs ravies,
Et voici, dans un frais parfum de jeunes vies,
Le cortège captif des nobles Florentines.

Sous le pli machinal des prières latines
Leurs lèvres de treize ans ne sont guère asservies,
Et leurs âmes d’enfant bondissent, poursuivies
Par l’irritant désir des amours clandestines.

L’une d’elles souvent, la moins belle d’entre elles,
Dont toutes à l’envi sont âprement éprises,
S’amuse à les induire en d’étranges querelles,

Et, roulant son destin dans ses prunelles grises,
A voir ces cœurs frémir de plaisir ou de peine
Apprend parmi leurs jeux le dur métier de reine.

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