
La contredanse – Marie Krysinska

Mise en fuite par la « Carmagnole » sanglante —
Qui piétina le gracieux Menuet
Et le Passepied enjoué —
La Danse
Avec l’Empire revient en France,
Grave, lasse, convalescente.
Après les victoires napoléoniennes,
Après Rivoli, Austerlitz, Iéna,
Les fêtes aux Tuileries ont un apparat
Militaire.
Des cariatides en bronze soutiennent,
Dans un geste d’offrande, des flambeaux dorés,
Fleuris d’éblouissante lumière.
Sur des lits romains, en de somptueuses poses —
Statues vivantes, théorie triomphale,
Qu’une sonnerie de gloire vient d’animer —
Se groupent les dames de la Cour Impériale
En tuniques
À l’antique,
Les cheveux ceints de roses
Et de lauriers.
Abeilles et couronnes et lauriers encor
Profusionnent l’or
Sur les tentures vertes noblement drapées.
Et parmi toutes ces richesses
Réunies là comme en un trophée,
Les prestigieux uniformes et les pommeaux d’épées
Frôlent des bras nus de déesses
Et de fées.
Les illustrations de la Diplomatie,
Les invincibles Héros guerriers
Inclinent leurs fronts altiers
Devant la Beauté.
Et leur orgueil plie
Dans la révérence
De la contredanse.























