
Homme, les avatars et les métempsychoses – Victor Hugo

Homme, les avatars et les métempsychoses
Dans l’immobilité formidable des choses ;
La rougeur qui s’allume au sommet des Thabors ;
Le destin, gouffre où Job cherche à saisir les bords,
Où Platon s’épouvante, où Christ même redoute
Les flux et les reflux de la vague du doute ;
L’aube en fleur ; les tombeaux, intérieurs vermeils ;
La petitesse obscure et morne des soleils,
L’énormité, sondée en vain, du grain de sable ;
Les rayons inouïs de l’incommensurable ;
Le monde immédiat, hideux pour les voyants,
Les buissons, les forêts, les rochers effrayants,
La surdité plus sombre encor que le silence,
La mer triste, oscillant ainsi qu’une balance,
L’écueil sanglant, le flot démesuré, bavant
Dans les gémissements lamentables du vent,
L’orage, des éclairs secouant la crinière,
Ne s’interrogent point de la même manière,
Dans l’horreur des chaos vaguement apparus,
Que l’évêque Pallade ou le moine Pyrrhus.























