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Je voyais, aussi nettement – Anna de Noailles

Champ d'avoine et de coquelicots, Giverny, Claude Monet (1890)

Tableau : Champ d'avoine et de coquelicots, Giverny, Claude Monet, 1890

Je voyais, aussi nettement
Qu’on voit la rose en fraîche toile,
S’épanouir au firmament
La pulpe altière des étoiles.

Je rêvais. Par les jours trop chauds,
Quand l’heure du soir songe et stagne,
Une rue, un mur blanc de chaux,
Me restituaient les Espagnes.

Auprès d’un verger de Passy,
Quand la nuit met sa molle roche
Sur tout l’espace dessaisi,
J’entendais, au lointain, des cloches
Éparpiller leur lent souci…
L’univers logeait dans mon cœur,

Lorsque tu vins comme un voleur…

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