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Frétillon – Pierre-Jean de Béranger

Le dessert de gaufrettes, Lubin Baugin (1630)

Tableau : Le dessert de gaufrettes, Lubin Baugin, 1630

Francs amis des bonnes filles,
Vous connaissez Frétillon :
Ses charmes aux plus gentilles
Ont fait baisser pavillon.
Ma Frétillon, (bis.)
Cette fille
Qui frétille,
N’a pourtant qu’un cotillon.

Deux fois elle eut équipage,
Dentelles et diamants,
Et deux fois mit tout en gage
Pour quelques fripons d’amants.
Ma Frétillon,
Cette fille
Qui frétille,
Reste avec un cotillon.

Point de dame qui la vaille :
Cet hiver, dans son taudis,
Couché presque sur la paille,
Mes sens étaient engourdis ;
Ma Frétillon,
Cette fille
Qui frétille,
Mit sur moi son cotillon.

Mais que vient-on de m’apprendre ?
Quoi ! le peu qui lui restait,
Frétillon a pu le vendre
Pour un fat qui la battait !
Ma Frétillon,
Cette fille
Qui frétille,
A vendu son cotillon.

En chemise, à la croisée,
Il lui faut tendre ses lacs.
À travers la toile usée
Amour lorgne ses appas.
Ma Frétillon,
Cette fille
Qui frétille,
Est si bien sans cotillon !

Seigneurs, banquiers et notaires
La feront encor briller ;
Puis encor des mousquetaires
Viendront la déshabiller.
Ma Frétillon,
Cette fille
Qui frétille,
Mourra sans un cotillon.

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