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Franc-Nohain — Celui qui prenait le parapluie au sérieux

Franc-Nohain — Celui qui prenait le parapluie au sérieux

1872 — 1934

Calme, immobile,
Dans le petit pré tranquille, au long de la ligne,
C’est une vache qui rumine.

La locomotive regarde une vache en passant

Le titre est déjà le poème : « La locomotive regarde une vache en passant ». On attend la vache qui regarde le train ; il retourne le point de vue, et de ce retournement il tire une pièce entière.

C’était sa méthode. Prendre l’objet le plus dénué d’intérêt possible — un parapluie, un rince-bouche, un menu, un horloger — et le traiter avec une gravité parfaite jusqu’à ce que quelque chose cède.

Un sous-préfet fantaisiste

Maurice Legrand, de son vrai nom, était magistrat puis haut fonctionnaire, avec une carrière tout à fait sérieuse. Il publiait en parallèle des recueils qui ne ressemblaient à rien : Flûtes, Chansons des trains et des gares, Les Inattentions et les Sollicitudes.

Le vers y est court, prosaïque, coupé n’importe où, et cette maladresse est entièrement calculée. Il a été l’un des inspirateurs de l’école fantaisiste, et l’on trouve dans ses tics — la répétition têtue, la logique poussée jusqu’à l’absurde — beaucoup de ce que fera Prévert trente ans plus tard.

L’Heure espagnole

Sa pièce L’Heure espagnole, une farce d’horlogerie et d’adultère, a été mise en musique par Ravel en 1911. C’est la raison pour laquelle son nom survit dans les programmes d’opéra, souvent sans que personne sache qu’il fut d’abord poète.

Le corpus réuni ici est du meilleur : la vanité des rince-bouche, la fraude déjouée, le déjeuner interrompu, le petit malpropre. Ce sont des titres de fables sans morale, et c’est très exactement le genre qu’il a inventé.

Choix de textes

Pour le lire

Flûtes (1898) · Chansons des trains et des gares (1900) · Les Inattentions et les Sollicitudes (1894).

L’Heure espagnole — la farce mise en musique par Ravel en 1911.

Aucune édition poétique courante à ce jour.

Guillain Méjane

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