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Épitaphe de Paul Verlaine – Jean Moréas

Épitaphe de Paul Verlaine – Jean Moréas

Μοῦσαι καὶ Χάριτες, κοῦραι Διὸς, αἵ ποτε Κάδμου
ἐς γάμον ἐλθοῦσαι καλὸν ἀείσατ᾽ἔπος.
Οττι καλὸν φίλον ἐστί, τὸ δ᾽οὐ καλὸν οὐ φίλον ἐστί.
Τοῦτ᾽ ἔπος ἀθανάτων ἦλθε διὰ σταμάτων.
Et qu’importe à mes vers ta vie et ses alarmes !
Qu’importe le trépas ! Apollon est guerrier :
Je ne répandrai pas de misérables larmes,
Poète, sur ta tombe où fleurit le laurier.

La forêt tour à tour se pare et se dépouille ;
Après le beau printemps, on voit l’hiver venir ;
Et de la Parque aussi la fatale quenouille
Allonge un fil mêlé de peine et de plaisir.

Comme une eau qui, tombant d’une montagne haute,
De rocher en rocher se brise à l’infini,
Ainsi le cœur humain est brisé, quand la faute
L’a roulé sur lui-même et l’a de Dieu banni.

Mais le chantre divin tombe et se précipite
Jusques au plus bas lieu pour gagner les sommets :
Aux noces de Cadmus les Grâces l’ont prescrite,
La règle que son cœur ne transgressa jamais.

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