
Églogue à Francine – Jean Moréas

Ô Francine sade, cueille,
De tes doigts si bien appris,
La rose, moite en sa feuille,
Le lys qui n’a pas de prix !
Des champs et des verts pourpris
La fleurante nouveauté,
Las, demain aura été.
N’es-tu pas fleurante pomme,
Ô Francine de renom,
Et tant frétillarde, comme
Tourterelle en sa saison !
Bientôt tu n’auras foison
De plaisance, chef doré,
Ni visage coloré.
Or, ainsi, belle Francine,
Faisant nargue à vos foleurs,
Sénestre je vaticine
Toutes sortes de malheurs,
En me couronnant de fleurs,
Sifflant de pastoraux airs
Dans mes chalumeaux diserts.























