
La fête des Rois – Albert Mérat

Les Rois Mages et les bergers
Viennent des pays étrangers
Voir un berceau dans une crèche,
Et le couvrir de fins tissus,
Car le petit enfant Jésus
Aurait bien froid dans la nuit fraîche.
Ils ont marché pendant trois jours :
Une étoile d’un grand secours
Va devant eux pour leur apprendre
Où porter la myrrhe et l’encens ;
Mais le plus beau de leurs présents,
C’est leur âme naïve et tendre.
— Il reste de ce souvenir
Une coutume de tenir
Logis ouvert et table prête,
Le jour des Rois, pour qu’un ami,
Réveillant son cœur endormi,
Frappe à votre porte et s’arrête.
Tables de chêne ou de noyer
Se valent auprès du foyer,
Pourvu qu’un peu de flamme brille,
Et que les pères, triomphants
Dans la grâce de leurs enfants,
Comptent autour d’eux la famille.
D’un geste lent et préparé
On coupe le gâteau doré.
Le hasard seul donne la fève,
Ou l’on triche ; alors c’est plus gai,
Et chacun a l’air intrigué,
Ou d’être le jouet d’un rêve.
Le sort a parlé. « Le roi boit ! »
Il choisit sa reine du droit
De sa préséance éphémère :
Une petite fille, ou bien
La cousine qui ne dit rien,
Ou l’aïeule grave ou la mère.
L’étoile blanche s’envola…
Voici très longtemps de cela.
Des choses se sont accomplies,
Plus sûres peut-être. Le mieux
Est d’avoir un esprit pieux
Quand les légendes sont jolies.






















