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Dames d’antan – Marie Krysinska

Dames d’antan – Marie Krysinska

Ainsi que des images de saintes,
Que dans leurs niches de pierre
Le dévot aperçoit,
En la mémoire des hommes, empreintes,
Se tiennent les dames d’autrefois.

Les unes, d’humble amour parées,
Qui fleurirent comme le lys emmi les champs :

La belle Aude, en hennin rebrodé,
Mourant de la mort de Roland.

D’autres, que leur lignée illustra :

La reine Berthe sa quenouille filant
Tandis que sa tendresse aux combats accompagne,
En marmonnant le chant dont elle le berça,
Son fils Charles que les peuples appellent Charlemagne.

D’autres encore, gloires d’amants
Ainsi que des flambeaux, sur leurs temps
Rayonnant :

Diane de Poitiers, belle et fière,
Chasseresse de Rêve aux lunaires clairières,
Amoureuse royale, gracieuse potentate,
Enchâssant sa beauté svelte dans le brocart
Dont la main blanche, noble et délicate
Imprima sa marque à tout un siècle d’art.

Mademoiselle de la Vallière,
Amour blessé, comme un ramier dans l’air,
Front candide, du double carmin
De passion et de honte, teint,
Avant de s’ensevelir sous des voiles de nonnain.

Pompadour — rosé mousseuse,
Âme enguirlandée et rieuse,
Mais volontaire et lumineux esprit,
De grands projets, de beaux décors épris ;
Jardinière des féeriques floraisons de Sèvres,
Cœur d’artiste, fantaisie qui règne.

Que le lointain vous fait un fard heureux
— À toutes : mères fameuses ou gloires d’amants,
Charmantes Dames d’Antan ! —

Couronnant de lierres vos cheveux,
Drapant de Songe vos fantômes prestigieux.

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