Sélectionner une page

Charles-Théophile Féret — Le Normand qui voulait une littérature normande

Charles-Théophile Féret — Le Normand qui voulait une littérature normande

1858 — 1928

Vard, c’est l’archer Gallois. Frémine
Chante Suresne et Bougival ;
Loriot, Tyr et Salamine.
Jean Lorrain, alias Duval,

Il n’est bon bec que de Normand

Il a passé sa vie à soutenir une idée simple et un peu folle : la Normandie n’est pas une province française, c’est un pays, avec sa langue, son histoire scandinave et sa littérature — et il faut la lui rendre.

Il a fondé pour cela des revues, publié des anthologies, ferraillé avec tout le monde, et signé des poèmes où il fait l’appel de ses compatriotes comme on fait l’appel d’une troupe.

Le Normand contre Paris

Né à Rouen en 1858, il vit longtemps à Paris sans jamais en être. Son épigraphe ici est un manifeste déguisé en jeu : il énumère les écrivains normands — Vard, Frémine, Loriot, Jean Lorrain, qu’il rappelle sous son vrai nom de Duval — pour montrer qu’ils font, à eux seuls, une littérature.

Le mouvement s’appelait l’École normande. Il n’a pas pris. Mais l’entreprise a produit chez lui des poèmes réellement singuliers : une mythologie locale, des dieux de jardins, des ondines, une Angleterre convoquée en rivale et en cousine.

Ce qui sauve un régionaliste

Ce qui sauve Féret du folklore, c’est l’érudition et l’humour. Il connaît le vieux normand, il connaît les sagas, il connaît la latinité — « Hortorum Deus », le dieu des jardins, est un titre de lettré — et il mêle tout cela sans jamais prendre le ton du conservateur de musée.

Il a aussi été un ami et un éditeur des autres : c’est lui qui a fait paraître des textes de Jean Lorrain et défendu quelques réputations moribondes.

Il est mort en 1928. Son pays de Normandie n’a pas retenu son nom.

Choix de textes

  • Il n’est bon bec que de Normand — L’appel de ses compatriotes écrivains, en manière de manifeste.
  • Hortorum Deus — Le dieu des jardins. Un titre de lettré pour une mythologie de province.
  • Ondine — La créature des eaux, ramenée du Nord vers la Seine.
  • Angleterre, Angleterre ! — La rivale et la cousine, convoquée par un Normand qui savait d’où il venait.
  • Mademoiselle de la Vigne — Un portrait, et un jeu sur un nom — sa manière habituelle.
  • Le voyage — Le titre le plus rebattu du siècle, chez quelqu’un qui ne partait jamais.

Pour le lire

Les Vagues · La Chanson des gars de Normandie — les livres de l’École normande.

Il a fondé des revues et publié des anthologies pour défendre l’idée d’une littérature normande.

Aucune édition courante à ce jour.

Guillain Méjane

Archives par mois