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Candaule – Louis Bouilhet

Voilier au coucher du soleil, Léon Spilliaert (1922)

Tableau : Voilier au coucher du soleil, Léon Spilliaert, 1922

J’ai lu dans quelque auteur qu’un prince de Lydie,
Candaule, cet époux de sa femme orgueilleux,
Comme elle était, un soir, par le somme engourdie,
Fit demander Gygès, son favori joyeux.

Levant le dernier voile, avec sa main hardie,
Il découvrit un corps fait pour le lit des dieux,
Et des genoux d’ivoire à la gorge arrondie
L’étranger promena son œil luxurieux.

Nous qu’en ses légions la poésie enrôle,
Nous sommes tous pareils au Lydien Candaule.
La muse nous livra ses trésors inconnus ;

Dans des baisers divins nous avons bu l’ivresse,
Mais nous voulons encor, pour prix de sa tendresse,
Aux Gygès curieux étaler ses flancs nus !

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