Select Page

Rascainfernos – Fernando Higueras

Rascainfernos – Fernando Higueras

Au milieu du jardin de la maison de l’architecte madrilène Fernando Higueras, se trouve Rascainferno, sa grotte secrète, datant de 1972. Ce dernier explique “l’origine” de son projet de manière un brin mystique :

“Cette idée m’a sauvé la vie il y a une trentaine d’années, lorsque mon ami Francisco Nieva a lu mon tarot, m’a vu enfoui dans trois ans sous terre, avec un cyprès au-dessus de moi, quand quatre fois de suite la mort est apparue dans mes cartes. J’ai alors insisté sur le fait que cela ne signifiait pas forcément que je mourrais … Puis, il me vint à l’esprit cette première grotte (alors que j’en projetais une plus grande pour Ground Zero à New York),. J’ai alors planté un cyprès, de 18 mètres de haut aujourd’hui. Je suis toujours là … vivant.”

Higueras effectue quasiment instantanément le remodelage total de l’habitation existante et l’excavation du jardin, un cube de 9x9x7m + un prisme 2x2x7m pour accueillir l’escalier en colimaçon qui mène au deuxième sous-sol. Les travaux d’excavation devaient être faits à la main avec une pelle, car il était impossible d’introduire des machines entre le logement existant et le mur de séparation avec la maison adjacente.

La maison se distingue non seulement par l’originalité de son emplacement dans la parcelle, mais aussi grâce à la qualité de l’intérieur. Il est frappant de voir comment une construction enterrée de telles dimensions sans ouverture, à l’exception des 5 puits de lumière, est loin d’être oppressante. C’est un espace agréable avec un bon éclairage et des conditions thermiques parfaite pour y vivre. L’espace sous le grand puits de lumière illumine les pièces qui, faute de cloisons, à l’exception de la chambre et des salles de bains, restent parfaitement éclairées pendant la journée.

Comme dans toutes les maisons de Higueras, une ligne horizontale longe le périmètre des étages à 2,10 mètres au-dessus du sol, marquant le dessus des portes et des fenêtres, remplacé ici par une étagère continue pour les sculptures et les livres qui, au dernier étage, sert également à refléter la lumière naturelle dans l’intérieur.

Les détails sont aussi soigneusement conçus. Sauf pour la cuisine, tous les meubles de la maison sont conçus par l’architecte. Les grands coffres à plan architectural et les tables plus basses que d’habitude – de sorte que le bras peut couvrir toute la surface – nous rappellent que cet espace était autrefois un studio d’architecture. Certains meubles ont été réutilisés de leur studio précédent et d’autres conçus exclusivement pour la maison. Ceci s’applique à l’étagère de la salle de séjour, composée d’une série de profils L couvrant les murs comme une pièce continue ou les tiroirs sur le dernier étage, qui ont un double objectif, stockage et séparation avec le trou central, empêchant ainsi des mains courantes qui rompraient la continuité visuelle de l’espace.