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Antique – Lucie Delarue-Mardrus

Au pavillon d'été, au crépuscule, Issaak Levitan (1895)

Tableau : Au pavillon d'été, au crépuscule, Issaak Levitan, 1895

Avec la tête haute et des regards altiers,
Seule je me plais pendant des jours entiers,
Quand toute la maison s’est tue,
— Car je me sens ma propre statue, —

Sans autres pierres que mes yeux
Qui sont deux obscures escarboucles,
Sans rien que quelques longs plis bleus
Et mon chignon fait de huit belles boucles.

Ainsi vais-je selon la ligne d’aujourd’hui
Et bercè-je, oubliant mon être intrinsèque,
Avec mesure et gravité jusqu’à la nuit,
Au-dedans de mon corps classique, une âme grecque ;

Pour qu’en rentrant tu trouves sous ton toit
La merveille de cette akhaienne hétaïre,
Et que, dans ses plis bleus, tu la presses sur toi
Comme une tressaillante lyre.

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