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Clairs de lune – Fernando Pessoa

Clairs de lune – Fernando Pessoa

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Clairs de lune

… des bateaux qui passent dans la nuit, sans se saluer ni se connaître…

Soudain, du côté de l’orient, la lumière blonde d’un or lunaire. Son sillage sur le large fleuve déploie des serpents sur la mer.

… sur l’avalanche nettement découpée des toits superposés, le blanc grisâtre de la lune, humidement souillé d’un brun terne.

Et la ville s’étage en conglomérats de nuit, soulignés de blanc d’un seul côté, avec des nuances bleutées de nacre froide.

Il pleut, il pleut, il pleut…

Il pleut continuellement, plaintivement…

Mon corps fait trembler mon âme de froid… Non pas du froid qui règne dans l’espace, mais de celui qui naît de la pluie…