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Tu souffres tous les maux et tu ne fais que rire – Jean Moréas

Village de pêcheurs, Kivik, Karl Samuel Flodman (1885)

Tableau : Village de pêcheurs, Kivik, Karl Samuel Flodman, 1885

Tu souffres tous les maux et tu ne fais que rire
De ton lâche destin ;
Tu ne sais pas pourquoi tu chantes sur ta lyre
Du soir jusqu’au matin.

Poète, un grave auteur dira que tu t’amuses
Sans trop d’utilité ;
Va, ne l’écoute point : Apollon et les Muses
Ont bien quelque beauté.

Laisse les uns mourir et vois les autres naître,
Les bons ou les méchants,
Puisque tout ici-bas ne survient que pour être
Un prétexte à tes chants.

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