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Le visage enfantin – Maurice Magre

Le visage enfantin – Maurice Magre

Le visage enfantin et pervers regardait.
Je voyais l’œil ouvert, la fixité des traits,
Le fin profil tendu sur le long cou flexible
Et l’admiration en elle était sensible
Par le frémissement des ongles et des cils.
L’amour, le tendre amour, cet éther trop subtil,
S’était évaporé au soleil d’un visage.
Le jeune homme était blond et svelte comme un page.
Il mâchait une rose orange entre ses dents
Et parfois crachait un pétale en la mordant.
Il ne pensait à rien, fixait un point et même
Il semblait ignorer les yeux comme deux gemmes
Ardemment allumés près de lui, les chers yeux!
J’étais très loin, j’étais très seul, à côté d’eux.
Aucun mot ne fut dit. Les pétales tombèrent
Un à un. Puis l’amie abaissa ses paupières
Quand s’éloigna l’indifférent aux cheveux d’or.
Ce fut tout. Quelque chose entre nous était mort.

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