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Triptyque païen – Marie Krysinska

Triptyque païen – Marie Krysinska

La Nuit diaphane, aux beaux voiles,
Couronnée d’étoiles
Flotte parmi le calme bleu éthéréen,
Une paix magicienne efface l’horizon.
De quel lointain
Parvient
Cette tendre chanson ?

Au sommet d’une roche farouche
Le Dieu Pan — l’immortel fécondateur
De l’Univers
Effleure de sa bouche
La syrinx aux sons berceurs.

C’est un appel d’amour vers la dormante Mer
Sur qui la lune se levant
Jette des gerbes de fleurs d’argent.
Le Dieu, dans les brumes matinales descend
Vers l’Amante aux beaux flancs,
Troublée par un rêve ardent.

L’horizon se pare de roses
Et de violettes à l’Orient écloses.
Soudain s’ouvrent triomphales
Les portes des célestes Étendues.

Pour la fête nuptiale,
Pour l’étreinte attendue
De Pan — le terrestre Espace infini
Et de la Mer aux élans ravis
Qui, par l’amoureuse chanson attirée
Mollement s’est approchée.
Et tandis que le soleil incendie
Avec ses torches les nuées éblouies,
La caresse du Dieu comme un aigle s’abat
Sur le sein ingénu de la Sirène exquise
S’abandonnant
Aux bras de l’Amant
Séduite et conquise.

Alors le firmament de mille feux s’irise,
La Mer extasiée en son sein le reçoit,

Et la Vie embrasée chante de toutes ses voix.

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