Sélectionner une page

Printemps d’Avril – Théodore de Banville

Bateaux de pêche et autres navires sur un estuaire au clair de lune, Henry Pether (1845)

Tableau : Bateaux de pêche et autres navires sur un estuaire au clair de lune, Henry Pether, 1845

Ma mie, à son toit fidèle,
La frétillante hirondelle
Revient du lointain exil.
Déjà le long des rivages
S’égaie un sylphe subtil,
Qui baise les fleurs sauvages :
Voici le printemps d’Avril !

C’est le moment où les fées,
De volubilis coiffées,
Viennent, au matin changeant,
Sur le bord vert des fontaines,
Où court le flot diligent,
Charmer les biches hautaines
De leurs baguettes d’argent.

Elles dansent à l’aurore
Sur l’herbe, où les suit encore
Un troupeau de nains velus.
Ne va pas, enfant sereine,
Au fond des bois chevelus ;
Elles te prendraient pour reine,
Et je ne te verrais plus !

Texte : Wikisource · domaine public · lien affilié

Archives par mois