
Première version : Animé par l’amour – André Chénier

Animé par l’amour, le vrai dieu des poêles,
Du Pinde, en mon printemps, j’ai connu les retraites,
Aux danses des neuf sœurs entremêlé mes pas,
Et de leurs jeux charmants su goûter les appas.
Je veux, tant que mon sang bouillonne dans mes veines,
Ne chanter que l’amour, ses douceurs et ses peines.
De convives chéris toujours environné,
À la joie avec eux sans cesse abandonné.
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Fumant dans le cristal, que Bacchus à longs flots
Partout aille à la ronde éveiller les bons mots.
Reine de mes banquets, que ma déesse y vienne ;
Que des fleurs de sa tête elle pare la mienne ;
[Pour enivrer mes sens, que le feu de ses yeux]
[S’unisse à la vapeur des vins délicieux.]
Amis, que ce bonheur…………
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Un jour, tel est des dieux l’arrêt (?) [inexorable.]
[Vénus, qui pour les dieux (?) fît le bonheur durable,]
[À nos cheveux blanchis refusera des fleurs,]
[Et le printemps pour nous n’aura plus de couleurs.]
Qu’un sein voluptueux, des lèvres demi-closes
Respirent près de nous leur haleine de roses ;
Que Laïs sans réserve abandonne à nos yeux
De ses charmes secrets les contours gracieux.
[Quand l’âge aura sur nous mis sa main flétrissante,]
[Que pourra la beauté, quoique toute-puissante ?]
[Nos cœurs en la voyant ne palpiteront plus.]
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[C’est alors, qu’exilé dans mon champêtre asile,]
[De l’antique sagesse admirateur tranquille,]
De tout cet univers interrogeant la voix,
J’irai de la nature étudier les lois :
Par quelle main sur soi la terre suspendue
Voit mugir autour d’elle Amphitrite étendue ;
[Quel Titan foudroyé respire avec effort]
[Des cavernes d’Etna la ruine et la mort ;]
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Si d’un axe brûlant le soleil nous éclaire ;
Ou si roi, dans le centre, entouré de lumière,
À des mondes sans nombre, en leurs cercles roulants.
Il verse autour de lui ses regards opulents ;
Comment à son flambeau Diane assujettie
Brille, de ses bienfaits chaque mois agrandie ;
Si l’ourse au sein des flots craint d’aller se plonger ;
Quel signe sur la mer conduit le passager,
Quand sa patrie absente et longtemps appelée
Lui fait tenter l’Euripe et les flots de Malce,
Et quel, de l’abondance heureux avant-coureur,
Arme d’un aiguillon la main du laboureur.
Souvent, dès que le jour chassera les étoiles,
Aux hôtes des forêts j’irai tendre des toiles ;
Sur les beaux fruits du Gange en nos bords transplantés,
Des dieux de nos jardins appeler les bontés ;
Lier à ses ormeaux la vigne paresseuse ;
Voir à quelles moissons quelle terre est heureuse ;
Aux vergers altérés conduire les ruisseaux ;
De chaume et de filets armer les arbrisseaux,
Et soulager leurs troncs des blanches inutiles,
Pour leur faire adopter des rameaux plus fertiles.
Mais alors que du haut des célestes déserts
L’astre de la nature embrasera les airs,
Tantôt dans ma maison plus commode que belle,
Tantôt sur le tapis dont se pare Cybèle,
Où des feux du midi le platane vainqueur
Entretient sous son ombre une épaisse fraîcheur.
J’aurai quelques amis, soutiens de ma vieillesse.
Le plaisir, qui n’est plus celui de ma jeunesse,
Est encor cependant le dieu de mes banquets :
L’œillet, la tubéreuse y brillent en bouquets.
L’automne sur ses pas y conduit l’abondance
Et la douce gaîté, mère de l’indulgence ;
Et, tel que dans l’Olympe à la table des dieux,
De pampres et de fruits et de fleurs radieux,
Donne à tous les objets offerts à son passage
Ce ris pur et serein qui luit sur son visage.
Me juvat in prima coluissc Helicona juventâ,
Musarumque choris implicuissc manus,
Me juvat et multo mentem vincire Lyœo,
Et caput in vernâ semper habere rosà.
Reine de mes banquets, que ma déesse y vienne.
Que des fleurs de sa tête elle pare la mienne.
Et modo solvebain nostrâ de fronte coroUas,
Ponebamque tuis, Cinthia, temporibus.
Amis, que ce bonheur, etc…
Un jour, tel est des dieux, etc…
A tque ubi jam venerem gravis interceptit ætas
Sparserit et nigras alba senecta comas.
Qu’un sein voluptueux, des lèvres demi-closes
Respirent près de nous leur haleine de roses.
Que Lais, sans réserve, abandonne à nos yeux
De ses charmes secrets les contours gracieux.
Dopa d’averlo
Fatto natura
Si vayo e bello,
Ruppe il modello
Perch’egli fosse
A’l mondo sol.
De tout cet univers interrogeant la voix,
J’irai de la nature étudier les lois.
Tujn mihi naturœ libeat perdiscere mores,
Quis deus hanc mundi temperet arte domum :
Par quelle main sur soi la terre suspendue
Voit mugir autour d’elle Amphitrite étendue.
……..nec brachia longo
…..margine terrarum porrexerat Amphitrite.
Métam., lib. I.
Unde tremor terris : qua vi maria alta tumescant
Objicibus ruptis, rursusque in se ipsa residant.
Si d’un axe brûlant le soleil vous éclaire.
Spoliis onerato cœsaris axe. Propert.
Si l’ourse au sein des flots craint d’aller se plonger.
Arctos oceani metuentes æquore tingi.
Prœterea tam sunt Arcturi sidera nobis
Hœdoruinque dies servandi, et lucidus Anguis,
Quam quibus in patriain ventosa per œquora vectis
Pontus et ostriferi fauces tentanteur Abydi.
Lier à ses ormeaux la vigne paresseuse.
Voir à quelles moissons quelle terre est heureuse.
Où des feux du midi le platane vainqueur
Entretient sous son ombre une épaisse fraîcheur.























