
Poème 60 – Pierre de Ronsard

Comme un Cheureuil, quand le printans destruit
L’oiseus crystal de la morne gelée,
Pour mieus brouter la fueille emmielée,
Hors de son bois avec l’Aube s’enfuit :
Et seul, & seur, loin de chiens & de bruit,
Or sur un mont, or dans une valée,
Or pres d’une onde a l’escart recelée,
Libre, folâtre ou son pié le conduit.
De rets ne d’arc sa liberté n’a crainte,
Sinon alors que sa vie est attainte,
D’un trait meurtrier empourpré de son sang :
Ainsi i’alloi sans espoir de dommage,
Le jour qu’un œil sur l’Auril de mon âge
Tira d’un coup mille traits dans mon flanc.























