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Poème 198 – Pierre de Ronsard

Poème 198 – Pierre de Ronsard

Celui qui fit le monde façonné
Sur le compas de son parfait exemple,
Le couronnant des voûtes de son temple,
M’a par destin ton esclave ordonné.

Comme l’esprit, qui saintement est né
Pour voir son Dieu, quand sa face il contemple,
De touts ses maus un salaire plus ample
Que de le voir, ne lui est point donné :
Ainsi je pers ma peine coutumiere
Quand à lons trais jœillade la lumiere
De ton bel œil, chefdœuvre nompareil.

Voilà pourquoi, quelque part qu’il sejourne,
Tousjours vers lui maugré moi je me tourne,
Comme un Souci aus raions du Soleil.

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