Sélectionner une page

Poème 178 – Pierre de Ronsard

Poème 178 – Pierre de Ronsard

Veuve maison des beaus yeus de Madame,
Qui pres & loin me paissent de douleur,
Je t’acompare à quelque pré sans fleur,
A quelque cors orfelin de son ame.

L’honneur du ciel n’est-ce pas cette flame
Qui donne aus dieus & lumiere & chaleur ?
Ton ornement n’est-ce pas la valeur
De son bel œil, qui tout le monde enflame ?

Soient tes buffets chargés de masse d’or,
Et soient tes flancs empeinturés encor
De mainte histoire en fils d’or enlassée :

Cela, Maison, ne me peut réjouïr,
Sans voir en toi cette Dame, & l’ouïr,
Que j’oi toujours, & voi dans ma pensée.

Archives par mois