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Poème 17 – Pierre de Ronsard

Maisons au bord de la mer, Paul Klee (1914)

Tableau : Maisons au bord de la mer, Paul Klee, 1914

Par un destin dedans mon cœur demeure,
L’œil, & la main, & le crin délié,
Qui m’ont si fort, brulé, serré, lié
Qu’ars, prins, lassé, par eus faut que je meure :

Le feu, la serre, & le ret à toute heure,
Ardant, pressant, noüant mon amitié,
Occise aux piés de ma fière moitié
Font par sa mort ma vie estre meilleure.

Œil, main, & crin, qui flamés, & gennés,
Et r’enlassés mon cœur, que vous tenés
Au labyrint de vostre crespe voïe.

Hé que ne suis je Ovide bien disant !
Œil tu serois un bel Astre luisant,
Main un beau lis, crin un beau ret de soie.

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