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Poème 136 – Pierre de Ronsard

De ton poil d’or en tresses blondissant
Amour ourdit de son arc la ficelle,
Il me tira de ta vive estincelle,
Le dous-fier trait, qui me tient languissant.

Du premier coup j’eusse esté perissant,
Sans l’autre coup d’une flêche nouvelle,
Qui mon ulcere en santé renouvelle,
Et par son coup, le coup va guarissant.

Ainsi jadis sur la poudre Troïenne,
Du soudart Grec la hache Pelienne,
Du Mysien mit la douleur a fin:

Ainsi le trait que ton bel oeil me ruë,
D’un mesme coup me guarit & me tuë.
Hé, quelle Parque à filé mon destin!

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