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Ô jeunesse, c’est toi qu’il faut que l’on vénère – Jean Richepin

La gare de San Dimas, Millard Sheets (1933)

Tableau : La gare de San Dimas, Millard Sheets, 1933

Ô jeunesse, c’est toi qu’il faut que l’on vénère,
Même dans tes excès dont on est revenu.
On admire, resté debout, l’arbre chenu
Qu’a dépouillé le temps et cavé le tonnerre ;

Mais celui qui bourgeonne et qu’avril régénère,
Qui monte, qui grandit d’un effort continu,
Celui-là, c’est l’espoir, l’avenir, l’inconnu,
Dont la sève est tarie au cœur du centenaire.

Donc, à déraisonner, la jeunesse a raison.
Et tant pis si parfois sa folle frondaison
Au front des vermoulus grimpe et les tarabuste !

Vieux troncs, dont plus ne doit reverdir le sommet,
De vos branchages morts n’écrasez point l’arbuste.
Respectez dans sa fleur les fruits qu’elle promet.

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