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LXIII. La femme, durée infinie – Anna de Noailles

Croissance des plantes nocturnes, Paul Klee (1922)

Tableau : Croissance des plantes nocturnes, Paul Klee, 1922

La femme, durée infinie,
Rêveuse d’éternels matins,
Dans la puissance de l’instinct
Veut créer. Mais cette agonie

Plus tard, un jour, de son enfant,
Cette peur, ces sueurs, ces transes,
Ce mourant que rien ne défend,
En garde-t-elle l’ignorance ?

Et toute mère, sans remords,
Triomphante et pourtant funèbre,
Voue une âme aux longues ténèbres,
Et met au monde un homme mort…

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