
Les Heures – Marie Krysinska

Les heures sonnent les Victoires,
Les défaites, la vie et le trépas.
Qu’advient-il de leurs fanfares ?
L’ombre d’un écho, le fantôme d’une voix.
Les heures passent souriantes ou graves,
Fleuries d’espoir ou de douleur voilées.
L’empreinte de leur pas sur nul sable ne se grave.
Et le Bonheur sitôt enfante le Regret.
Les heures volent avec des ailes de feu,
Leurs écharpes flottantes frémissent d’amour.
Des cœurs épris disent : Toujours !
Le vent ironique emporte un : Adieu !
Les heures pleurent goutte à goutte
Leurs âmes brèves dans la mort illimitée.
Qui les écoute ?
L’Éternité.
Mais les heures chantent sous nos mains fidèles
L’Art — Archange vainqueur du Tombeau ;
Et les voici devenues immortelles,
Arrêtées sur les routes du temps — comme des Flambeaux.






















