
Le vent passe… – Renée Vivien

Vois la jeune lune endormie
Sur un lit d’azur nuptial.
Viens, ma blonde et divine Amie,
Sur les prés d’or et de cristal !
Nous cueillerons la scabieuse
Et l’iris qu’un souffle détruit.
Je crains l’ombre silencieuse
Et les feux follets dans la nuit.
Nous tresserons, comme des roses,
La floraison des astres roux,
Clartés divinement décloses…
Je crains le sanglot des hiboux.
Nous serons les pâles prêtresses
De l’amertume et du désir.
Je crains les terribles caresses
Et les baisers qui font mourir.























