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L’aube qui doucement se lève sur la ville – Jean Moréas

Mer aux nuages violets et trois voiliers jaunes, Emil Nolde (1946)

Tableau : Mer aux nuages violets et trois voiliers jaunes, Emil Nolde, 1946

L’aube qui doucement se lève sur la ville
Et se dissout dans l’air annonce un jour serein.
Que j’aime à contempler votre cime tranquille,
Arbres fiers que nourrit un avare terrain !

Je songe, en supputant tout le mal et le pire ;
Et malgré les détours dont m’abuse le sort,
Je sens que sur ma lèvre erre encore un sourire,
Tant mon âme s’absorbe en son dieu sans effort.

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