
La petite maison – Albert Mérat

Pourquoi la petite maison,
À la silhouette effacée,
A-t-elle plus que de raison
Pris mon cœur avec ma pensée ?
C’est qu’afin que l’air attiédi
L’échauffé bien et la pénètre,
Elle tourne vers le midi
Le regard de chaque fenêtre.
C’est que, simple, faite de rien,
Riant de ses portes mal closes,
Elle a le toit italien,
Et près du seuil deux lauriers-roses.
C’est que, sur la terrasse, exprès
Basse et construite en pierres blanches,
J’ai vu noircir quelques cyprès,
Effilant en cône leurs branches ;
Et dans des berceaux hauts et plats,
Où les feuilles peuvent s’étendre,
Les ceps monter comme là-bas
Et les grappes de raisins pendre.
Orientée au bleu de l’air,
Elle est charmante, et donne envie
D’y demeurer pour voir plus clair :
Le ciel est moitié de la vie.
Quel caprice a mis à Paris
Cette maison chaude et petite,
Qui, dans notre nord triste et gris,
Parle d’azur et nous invite ?
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