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Joseph Autran — Le Marseillais qui a écrit la mer avant tout le monde

Joseph Autran — Le Marseillais qui a écrit la mer avant tout le monde

1813 — 1877

Je suis l’Été riche et superbe,
Le possesseur du champ vermeil.
Jusqu’au genou, plongé dans l’herbe,
Je me couronne d’une gerbe

Je suis l’Été riche et superbe

En 1852 paraissent Les Poèmes de la mer. C’est le premier livre français entièrement consacré à la Méditerranée — non pas la mer comme métaphore ou comme décor de naufrage romantique, mais la mer comme lieu de travail, avec ses pêcheurs, ses ports, ses métiers et ses morts.

Marseillais de naissance et de fidélité, Joseph Autran a écrit ce que personne n’avait pris la peine d’écrire : le littoral vu par quelqu’un qui y vivait.

Le poète officiel du Midi

Sa carrière a été celle d’un homme rangé : bibliothécaire de Marseille, correspondant de l’Institut, élu à l’Académie française en 1868. Lamartine l’avait remarqué très jeune et encouragé.

Cette respectabilité lui a coûté cher auprès de la postérité. On l’a rangé au rayon des régionalistes aimables, et son nom a disparu en même temps que le goût pour les longs poèmes descriptifs.

La vie rurale

Son autre grand ensemble est La Vie rurale, où il fait parler les saisons elles-mêmes. L’Été s’avance, se couronne d’une gerbe, se dit riche et superbe — procédé antique, remis en service avec une bonhomie qui n’exclut pas la précision.

Ce sont des poèmes agricoles au sens exact : on y trouve les travaux, les heures, la fatigue et la fête. La Provence y est un pays où l’on travaille, pas une carte postale.

Il est mort à Marseille en 1877, aveugle depuis plusieurs années, ayant dicté ses derniers vers.

Choix de textes

Pour le lire

Les Poèmes de la mer (1852) — le premier livre français entièrement consacré à la Méditerranée.

La Vie rurale (1856) · Les Épîtres rustiques (1861) — la Provence au travail.

Élu à l’Académie française en 1868. Aucune édition courante à ce jour.

Guillain Méjane

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