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Grâce à notre sénat – André Chénier

Grâce à notre sénat – André Chénier

Grâce à notre sénat, le ciel n’est donc plus vide !
De ses fonctions suspendu,
Dieu……………..
Au siège éternel est rendu.
Il va reprendre en main les rênes de la terre.
Tu ne crains pas qu’au pied de ton superbe trône,
Spinosa, te parlant tout bas,
Vienne te dire encore : Entre nous, je soupçonne,
Seigneur, que vous n’existez pas.
Quoi ! ton œil qui voit tout, sans les réduire en cendre,
Ton œil de leurs pensers sonde les noirs abîmes,
Ces lacs de soufre et de poisons,
Ces océans bourbeux où fermentent les crimes ;
Que de ses plus ardents tisons
………………..
………………..
Ils vivent cependant ! et de tant de victimes
Les cris ne montent point vers toi !

C’est un pauvre poète, ô grand Dieu des armées !
Que seul, captif, près de la mort,
Attachant à ses vers des ailes enflammées
De ton tonnerre qui s’endort,
De la vertu proscrite embrassant la défense,
Dénonce aux juges infernaux
Ces juges, ces jurés qui frappent l’innocence,
Hécatombe à leurs tribunaux.
Eh bien, fais-moi donc vivre, et cette horde impure
Sentira quels traits sont les miens !
Ils ne sont point cachés dans leur bassesse impure :
Je le vois, j’accours, je les tiens.

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