
En quittant alger – Jean Aicard

Pourquoi je pars si tôt, ou peut-être trop tard,
Qui le sait? Le grand ciel est pur, la mer est belle…
Adieu! Quand son instinct commande l’hirondelle,
Rien ne peut l’arrêter. C’est son heure. Elle part!
Adieu, terre d’Afrique, où la France nouvelle
Avec les jeunes ceps verdit de toute part!
C’est au dernier moment, sous le dernier regard,
Que ta beauté rayonne entière–et se révèle!
Adieu, la Casbah, blanche et bleue, au front d’Alger!
Adieu, sous les palmiers en fleurs et l’oranger,
Deux larges mois de vie heureuse comme un rêve!
Quoique attendu là-bas, je pars avec langueur.
Un infini regret m’attache à cette grève,
Mon frère… Et tu retiens la moitié de mon cœur.























