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Belle, vivant tes jours filés par ton destin – Jean Moréas

Lever de lune, Adalbert Stifter (1855)

Tableau : Lever de lune, Adalbert Stifter, 1855

Belle, vivant tes jours filés par ton destin,
Le souci de Cypris, ô rose, et de la lyre,
Tu t’épanouiras pour orner le jardin
Et saturer d’odeur l’azur qui te respire.

Et puisqu’il faut qu’enfin s’achève le printemps,
Quand la rouille viendra sur tes pétales lisses,
Abandonnant ton cœur à la pluie, aux autans,
Tu goûteras la mort, ô fleur, avec délices.

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