Sélectionner une page

André Van Hasselt — Le Hollandais qui a voulu donner un rythme neuf au français

André Van Hasselt — Le Hollandais qui a voulu donner un rythme neuf au français

1806 — 1874

Le soir déployait tous ses voiles
Dans l’air, comme un vaste linceul.
La nuit allumait ses étoiles,
Et moi je partais triste et seul.

La Cloche qui tinte

Né à Maastricht en 1806, sujet du roi des Pays-Bas, il choisit la Belgique à sa naissance en 1830 et la langue française comme instrument. Il en deviendra l’un des poètes officiels — inspecteur de l’enseignement, précepteur des enfants royaux, membre de l’Académie belge.

Une théorie du vers

Ce qui le distingue de tous les poètes officiels de son temps, c’est qu’il a eu une idée. Le vers français se compte, il ne se scande pas : douze syllabes sont douze syllabes, sans accents forts ni faibles comme en allemand ou en latin.

Van Hasselt a voulu changer cela. Il a tenté d’introduire dans le français un vers rythmique, fondé sur l’alternance des accents plutôt que sur le compte — des dactyles, des trochées, une métrique à l’antique adaptée à une langue qui ne s’y prête pas.

L’entreprise a échoué, comme toutes celles du même genre. Mais elle a laissé chez lui une oreille particulière, un balancement qu’on entend dès qu’on lit à voix haute — « Le soir déployait tous ses voiles » se scande tout seul.

Le poète de la Belgique neuve

Il a écrit ce qu’un pays de trente ans attendait : des évocations historiques, des hommages aux peintres nationaux, des poèmes de circonstance pour une monarchie qui se cherchait un passé.

Le meilleur de lui est ailleurs, dans les pièces courtes et personnelles — une cloche qui tinte, un secret dit aux fleurs des champs, l’enfant d’une veuve. C’est là qu’on entend un homme et non une institution.

Il est mort en 1874. La Belgique littéraire qui compte — Rodenbach, Verhaeren, Maeterlinck — commencera dix ans après lui, et ne lui devra presque rien.

Choix de textes

Pour le lire

Primevères (1834) · Les Quatre Incarnations du Christ (1867) — l’ambition épique.

Études rythmiques — la tentative d’introduire une métrique accentuelle dans le vers français.

Aucune édition courante à ce jour.

Guillain Méjane

Archives par mois