
À M. Louis-H. Fréchette – William Chapman
…Tout grand homme
Auprès du peuple est l’envoyé de Dieu.
Fuyant de ton exil le morose rivage
Où t’avait entraîné la fureur de l’orage,
Ô grand poète, enfin te voilà de retour
Aux bords enchantés où, rival de Crémazie,
Tu chantais autrefois, ivre de poésie,
De jeunesse et d’amour.
Oubliant le passé, les longs jours de souffrance.
Tu reviens saluer, enivré d’espérance.
Notre beau Saint-Laurent au cours majestueux ;
Tu reviens admirer le ciel de la patrie,
Et fouler, tout rêveur, cette terre chérie
Teinte, hélas ! si souvent du noble sang des preux !
Guerrier de la pensée, à la voix magnifique,
Tu reviens travailler à l’œuvre pacifique
Pour laquelle longtemps tu fus trop méconnu ;
En dépit des clameurs de ce siècle en délire,
Tu reviens caresser les cordes de ta lyre……
Oh ! sois le bienvenu !
Oui, sois le bienvenu, poète à l’âme fière.
Toi dont nous regrettions l’absence volontaire,
Gloire de ton pays que ta muse illustra !……
Ta cause est noble et sainte et ta bouche inspirée :
Accomplis, sans fléchir, ta mission sacrée !…
Et dans nos fastes d’or ton nom resplendira !























