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À l’Opéra, quand la Musique – Théodore de Banville

Nuit étoilée, Edward Henry Potthast (1910)

Tableau : Nuit étoilée, Edward Henry Potthast, 1910

À l’Opéra, quand la Musique,
Pour consoler tous nos exils,
Jette en une extase physique
Nos sens affinés et subtils ;

Tandis que la magique phrase
Veut nous emporter, effarés,
Jusqu’au paradis de l’extase
À travers les cieux déchirés ;

Folle, et toujours contrariante,
La Beauté, ce friand repas,
Nous dit de sa bouche riante :
Regardez-moi. N’écoutez pas.

La Chair de lys murmure en prose
Je suis le vin et l’échanson ;
Et la Lèvre couleur de rose
Dit : C’est moi qui suis la chanson.

Amour, ce maraudeur équestre
Envolé sur un cheval fou,
Empêche d’entendre l’orchestre
Et montre les blancheurs d’un cou ;

Et ce Paris qui toujours cède,
Tandis que chante Escalaïs,
Admire tout ce que possède
Agnès, et tout ce qu’a Laïs.

Texte : Wikisource · domaine public · lien affilié

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