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XXXV. Le jour, hymne silencieux – Anna de Noailles

Paysage lacustre berlinois dans la lumière du soir, Lesser Ury (1895)

Tableau : Paysage lacustre berlinois dans la lumière du soir, Lesser Ury, 1895

Le jour, hymne silencieux,
Dans sa pure et limpide essence
Entr’ouvre à toute connaissance
Le vide consolant des cieux.

Nul voile, en ce feu bleu d’été,
Ne peut tromper la créature,
Ni masquer la simplicité
De l’inconsciente nature.

— Mais je ne fais aucun accueil
À la volupté du ciel calme.
Je ne vois ni roses ni palmes.

La beauté du monde est dans l’œil.

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