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Va, chanson, à tire-d’aile – Paul Verlaine

Le Chenal de Gravelines, Petit-Fort-Philippe, Georges Seurat (1890)

Tableau : Le Chenal de Gravelines, Petit-Fort-Philippe, Georges Seurat, 1890

Va, chanson, à tire-d’aile
Au-devant d’elle, et dis-lui
Bien que dans mon cœur fidèle
Un rayon joyeux a lui,

Dissipant, lumière sainte,
Ces ténèbres de l’amour :
Méfiance, doute, crainte,
Et que voici le grand jour !

Longtemps craintive et muette,
Entendez-vous ? la gaîté,
Comme une vive alouette
Dans le ciel clair a chanté.

Va donc, chanson ingénue,
Et que, sans nul regret vain,
Elle soit la bienvenue
Celle qui revient enfin.

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