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Un jour je vis, debout au bord des flots mouvants – Victor Hugo

Vue du port de Dieppe, Eugène Delacroix (1851)

Tableau : Vue du port de Dieppe, Eugène Delacroix, 1851

Un jour je vis, debout au bord des flots mouvants,
Un jour jPasser, gonflant ses voiles,
Un rapide navire enveloppé de vents,
Un jour jDe vagues et d’étoiles ;

Et j’entendis, penché sur l’abîme des cieux,
Un jour jQue l’autre abîme touche,
Me parler à l’oreille une voix dont mes yeux
Un jour jNe voyaient pas la bouche :

— Poëte, tu fais bien ! poëte au triste front,
Un jour jTu rêves près des ondes,
Et tu tires des mers bien des choses qui sont
Un jour jSous les vagues profondes !

La mer, c’est le Seigneur, que, misère ou bonheur,
Un jour jTout destin montre et nomme ;
Le vent, c’est le Seigneur ; l’astre, c’est le Seigneur ;
Un jour jLe navire, c’est l’homme. —

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