Sélectionner une page

Ton absence est partout – Anna de Noailles

Le commandant, Claus Bergen (1918)

Tableau : Le commandant, Claus Bergen, 1918

Ton absence est partout une obscure évidence,
Vaste comme la foule, et comme elle encombrant
La route où je m’avance, errante, et respirant
Le souvenir diffus de ta sainte présence…
Partout où tu étais, cœur à jamais enfui,
Tu te dresses pour moi, fantôme tendre et triste,
Et ta compassion inefficace assiste
À tout l’étonnement qui porte mon ennui…

Puissé-je demeurer toujours grave, inquiète,
Et n’accueillir jamais, au calme instant du soir,
Cette paix sans bonheur qui lentement nous guette
Quand l’âme est délivrée, enfin, de tout espoir…

Texte : Wikisource · domaine public · lien affilié

Archives par mois