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Poètes futurs – Jacques Madeleine

La nuit bleue, Venise, Arthur Melville (1897)

Tableau : La nuit bleue, Venise, Arthur Melville, 1897

Oui, nous aurons vécu dans un temps sans égal
Où des éclosions sans fin d’œuvres magiques
Donnent aux cœurs pieux un superbe régal
Par le ruissellement de leurs rimes lyriques.

C’est notre passion, notre culte fatal,
Ayant étudié les grands chefs-d’œuvre antiques,
De saluer, émus, le matin triomphal
De poèmes nouveaux qui sont déjà classiques.

Mais nous mourrons un jour, bientôt ; et dans mille ans
Nos fils, ayant aussi des chanteurs excellents,
Liront leurs doux Sonnets et leur Ode sonore,

Et je songe, attristé, qu’après notre trépas,
Les poètes des temps futurs feront encore
Des volumes de vers que nous ne lirons pas.

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