Sélectionner une page

Poème 163 – Pierre de Ronsard

Flore sur le sable, Paul Klee (1927)

Tableau : Flore sur le sable, Paul Klee, 1927

Puis que je n’ai pour faire ma retraitte
Du Labyrinth, qui me va séduisant,
Comme Thesée, un filet conduisant
Mes pas douteus dans les erreurs de Crete:

Eussé-je au moins une poitrine faite,
Ou de Crystal, ou de verre luisant,
Lors tu serois dedans mon coeur lisant,
De quelle foi mon amour est parfaite.

Si tu savois de quelle affection
Je suis captif de ta perfection,
La mort seroit un confort à ma plainte:

Et lors peut estre éprise de pitié,
Tu pousserois sur ma dépouille esteinte,
Quelque soûpir de tardive amitié.

Texte : Wikisource · domaine public · lien affilié

Archives par mois