
Poème 160 – Pierre de Ronsard

Sainte Gâtine heureuse secretaire
De mes ennuis, qui répons en ton bois,
Ores en haute, ores en basse vois,
Aus lons soupirs que mon cœur ne peut taire.
Loir, qui refrains la course voulontaire
Du plus courant de tes flots Vandomois,
Quand accuser ceste beauté tu m’ois,
De qui toujours je m’affame & m’altere :
Si dextrement l’augure j’ai receu,
Et si mon oeïl ne fut hier deceu
Des dous regars de ma douce Thalie,
Dorenavant poëte me ferés,
Et par la France appellés vous serés
L’un mon laurier, l’autre ma Castalie.























