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Poème 120 – Pierre de Ronsard

Poème 120 – Pierre de Ronsard

Non la chaleur de la terre, qui fume
Béant de soif au creus de son profond :
Non l’Avantchien, qui tarit jusqu’au fond
Les tiedes eaus, qu’ardant de soif il hume :

Non ce flambeau qui tout ce monde alume
D’un bluëtter qui lentement se fond,
Bref ni l’esté, ni ses flames ne font
Ce chaut brazier qui m’enbraize & consume.

Vos chastes feus, esprits de vos beaus yeus,
Vos dous éclairs qui rechaufent les dieus,
Seuls de mon feu eternizent la flame :

Et soit Phoebus attelé pour marcher
Devers le Cancre, ou bien devers l’Archer,
Vôtre oeil me fait un esté dans mon ame.

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